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puce Le chien loup de Saarloos (le 07/10/2008 à 04h04)

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ORIGINE DU CHIEN LOUP DE SAARLOOS
 
Le Chien loup de Saarloos est une race encore jeune et tient son nom de son créateur Monsieur Lendeert Saarloos (1884-1969). Cet aventurier au long cours vouait une passion aux animaux de tout ordre et en possédait un grand nombre. Il était tenu par une réputation d’original, qui ne pouvait qu’exister au vu de sa ménagerie. Curieux, il entreprit diverses expériences de croisement dont celui d’une louve et d’un chien.
Lendeert Saarloos considérait en effet que le chien domestique était perverti et avait perdu un nombre important de facultés. Il entreprit donc de les réintroduire en produisant des chiens résistants tant sur le plan de la santé que sur celui des facultés physiques et psychiques. Intelligent, attentif, observateur, réactif, aux capacités olfactives supérieures, le chien de Lendeert Saarloos serait un animal possédant les qualités du monde domestique (lien avec l’humain, apprentissage, dressage, écoute) et celles du monde animal (prudence, réactivité, odorat, résistance naturelle). Tel fut le cahier des charges qu’il se fixa.

Pour se faire, il utilisa une louve accouplée à un chien ayant fait ses preuves dans l’utilitaire. Ainsi naquît l’acte de création de celui qu’on appellera des décennies plus tard, le Chien loup de Saarloos.
 
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HISTORIQUE 
 
Historique (1937-1960): de l’hybride F1 aux chiens loup d’utilité

Lendeert Saarloos choisit comme fondateurs de la race une louve européenne de la branche sibérienne « Fleur », acheté au zoo Blijdorp de Rotterdam et un berger prussien dénommé Gérard von Fransenum (Axel von Stuberstein x Wotan’s Irmhild) dont les qualités utilitaires de la lignée étaient reconnues.
Une première portée naquit au printemps 1936 mais fut atteint de la maladie de Carré, L.Saarloos refusant de recourir aux vaccins et aux soins, persuadés des qualités de résistances de ce type de croisement. L’ensemble des chiots périt donc en quelques jours.

En 1937, L.Saarloos fit une seconde portée d’où naquit deux femelles grises (« Pittha » et « Fleurie ») et un mâle qui décéda lui aussi de maladie. Enfin, en 1938, une troisième portée vit la naissance de « Barré », premier mâle qui servit de base à la race. A compter de ce chiot, Lendeert Saarloos savait qu’il détenait le potentiel pour élaborer sa sélection et commença la reproduction
En 1939, il croisa d’abord à nouveau Gérard(fondateur) avec Fleurie (F1) et obtint Largo et Kaja qui fut le premier Saarloos brun de forêt. Puis en 1940, il ajouta du sang de berger prussien en croisant Dela (BA, fille de Gérard) et Largo (F2, portée 1939) et la même année, reproduira Barré (F1, portée 1938) avec Fleurie (F1, portée 1937). De ces portées, Saarloos fit des observations et retira de la reproduction les chiots qui ne lui semblaient pas apte à l’utilité (notamment ceux ayant gardé l’instinct de fuite du loup). De ces deux portées, il convient de retenir Tarzan (F3) qui resta dans les programmes de reproduction. En 1941, il croisa Max (berger allemand d’origine prussienne, fils de Gérard) avec Pittha (F1, portée 1937) puis Fleurie (F1, portée 1937).
L’ensemble des chiots fut considéré avec une forte impression tant sur le plan physique (hauteur, ossature, pelage, allure.) que sur le plan des qualités psychiques (caractère doux, très « prussien ») et commença la formation utilitaire, notamment de chien policier.

Convaincu des bonnes caractéristiques de ces chiens, il baptisa sa race « Chien loup européen » et fit une demande d’admission au Livre des Origines Néerlandais auprès des instances de son pays. Cette demande fut rejetée en partie de par « l’homme et son originalité » que de par « le lobbying du Club des Bergers Allemands ». La raison officielle fut celle de l’hétérogénéité de la race et de l’absence d’aptitudes au dressage. Saarloos intéressa donc des Chien loup européen Saarloos en pistage, chien d’aveugle et de défense qui donna quelques résultats, d’autant que certains chiens furent produits par des éleveurs autres que Lendeert Saarloos et mieux socialisés. L.Saarloos créa une école de dressage de chien guide d’aveugle à Dodrecht et entrepris de démontrer les aptitudes de sa race.

Il fit également appel à un généticien, L.Hagendoorn, afin de maîtriser les consanguinités importantes de son élevage et qui permit à L.Saarloos de poursuivre sa sélection. Le rôle de ce docteur fut très important dans la préservation de la race en aidant Saarloos à empêcher le « dégénérescence » qui menaçait le cheptel.

Historique (1960 à nos jours): du retour du loup au Chien Loup de Saarloos

L.Saarloos continua son élevage et se trouva confronté à la nécessité d'amener une diversification du patrimoine génétique. L'histoire ne permet pas de connaître précisément le nombre de loups utilisés par L. Saarloos dans la construction du chien loup européen mais l'hypothèse la plus sérieuse reste que ce dernier n'utilisa de facto qu'une seule louve complémentaire à Fleur (Fleur II) et qui porta en 1963. Les autres hypothèses tels l'utilisation d'un loup noir du Canada ou des croisements supplémentaires et divers (Loups, Husky de Sibérie) nous paraît relevé bien plus d'une histoire " légendée " que d'un relevé historique du travail de L. Saarloos, aucun fondement ne permettant d'approuver ces hypothèses pourtant répandues…

Ce croisement avec Fleur II fut cependant pour L. Saarloos un semi-échec dans le sens où il donna en fait un exit à ses amis faisant valoir et prévaloir une esthétique lupoïde au détriment du principe même de l'élevage de L.Saarloos qui était une sélection par le caractère et l'utilité. La descendance avec Fleur II en 1963 a eu de plus pour conséquence un renforcement de l'instinct de fuite caractéristique du loup.

Ce renforcement annihila les derniers espoirs de L.Saarloos dans le caractère utilitaire de sa race d’autant que sa seconde demande de reconnaissance au Livre des Origines était à nouveau rejetée. Le dressage des Saarloos comme guide d’aveugle cessa dans les années 70 à la mort du créateur et le Chien Loup Européen devint un animal de compagnie, standardisé en tant que tel.
L.Saarloos décéda en 1969, convaincu probablement que sa race ne lui survivrait pas. Il a fallu le courage de Mme Saarloos et de sa fille Marijke pour sauver les Chiens loups de Saarloos et reconstruire avec quelques passionnés cette race. En 1975, la race est enfin reconnue par le Conseil d’Administration Cynologique Néerlandais avant d’être inscrite quelques années plus tard au Registre puis par la FCI et prends le nom de son créateur : Chien loup de Saarloos. Le Standard est rédigé en prenant Zaska Vvan de Kilstroom comme modèle.
Le premier Chien loup de Saarloos est importé en France par Mme Patricia Wartelle au début des années 90. A ce jour, les effectifs du Saarloos restent restreints et la diffusion limitée. Le Berger Hollandais Club de France gère la race (BHCF / rubrique club et liens) Trente naissances ont eu lieu en 2003 inscrits au Livre des Origines Française.

Conclusion

L.Saarloos a créé un chien aux qualités naturelles indéniables. Beaux, puissants, affectueux, le Saarloos est à l’image de sa création. Original dans le monde canin. Mais sans utilité. Il est simplement le reflet de l’esthétique sauvage et de la passion de quelques-uns.

Son aspect et son comportement lupoïde marque l’échec de l’idée originelle de son créateur mais le Chien loup de Saarloos a aujourd’hui dépassé son maître. Son créateur. Le Saarloos est devenu Un. Il est Lui. Il vit désormais par lui même. Et ses passionnés l’ont compris. Puisse notre société lui laisser une place au coeur des hommes et du monde canin.
 
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ASPECT PHYSIQUE
 
Le Saarloos est un chien puissant, lupoïde, au poil dur et droit, qui autour du cou, forme un col bien visible. Il est bâti harmonieusement et possède de longues pattes sans pour autant donné l’impression d’être haut sur patte. Le diphormisme sexuel est marqué, les mâles et les femelles se distinguant par leur allure et leur apparence.

Les yeux sont moyens en forme d’amande et de préférence jaune. Le nez est large et robuste et, suivant la couleur de la robe, la truffe est noire ou foie. Les oreilles sont dressées, de grandeur moyenne et se termine presque en pointe. Le dos est droit et massif.
La queue est implantée assez bas et portée en sabre. Les pieds sont un peu ovales avec des doigts légèrement arqués.

L’allure est légère, large et souple mais prudente, permettant un changement de rythme rapide. La démarche est très typique et fait songer à celle du loup.
Sa taille varie de 65 à 75 cm pour les mâles et de 60 à 70 cm pour les femelles.

Les couleurs admises vont du noir à nuance clair jusqu’au noir foncé (gris loup), du brun à nuance claire jusqu’au brun foncé (feuille morte) et du crème très clair au blanc (cette couleur semble néanmoins avoir disparue).
 
 

LE COMPORTEMENT
 
Du caractère dépend le comportement qui est l’expression sociale de l’individu et sa perception d’un monde régit par des codes et des normes nécessaire à la survie de toute espèce. Le Saarloos reste fortement influencé par ses origines récentes d’hybride et exprime donc des particularités se rapprochant nettement de son homologue sauvage : le Loup.

Le comportement le plus visible et caractéristique de la race est la stratégie de fuite. Le Saarloos écarte purement et simplement toute situation risquée ne permettant pas l’élaboration d’une réponse. A sa façon, il répond à notre bon sens du « réfléchir avant d’agir » . Et les situations à risque pour notre Saarloos ne manque pas dans notre société humaine : voitures, villes, personnes non présentés « selon les règles lupins » ce qui peut représenter une difficulté non négligeable selon nos modes de vie. La foule, le bruit et la fête ne sont pas les lieux adéquats pour un Saarloos.
Le Saarloos en conséquence n’est aucunement agressif envers l’humain (puisqu’il fuit). Par contre, en raison des luttes de hiérarchie, il peut être difficile de faire cohabiter deux individus de même sexe (notamment les femelles) où les bagarres sont le rituel nécessaire à l’établissement des rôles sociaux et peuvent engendrer de graves blessures voire la mort si la lutte a lieu dans un espace fermé, en enclos par exemple ne donnant aucune possibilité de fuite à l'un des protagonistes.
Avec les enfants, le Saarloos est particulièrement indulgent. Il préféra se rapprocher de son maître ou se mettre dans son coin si les enfants en font un peu trop.

Le Saarloos a gardé une grande part des codes sociaux du loup. Parmi ses règles, il faut souligner avec force l’inquiétude de séparation. Cette inquiétude doit être comprise : le Chien Loup Européen est dans son développement psychique comme un jeune loup. Il est « à charge » de sa meute et y restera coûte que coûte (puisque sa survie en dépend). C’est ce « coûte que coûte » qui entraînera votre Saarloos a détruire (voire « pulvériser,désintégrer façon puzzle ») tout ce qui barre sa route (donc la votre) Et vu la dentition, peu de choses résisteront. Le meilleur conseil reste donc de veiller lors de vos départ à « laisser » votre Saarloos dans sa tanière qui est soit un enclos renforcé, soit un bunker ! ! !
Enfin, le Saarloos est un coureur de fond. Idéal pour vos longues (très longues) ballades en campagnes, il est formé pour la résistance et sa foulée caractéristique lui permet de tenir des distances impressionnantes. Ce qui n’est pas du goût de certains animaux classés « proie » par notre Saarloos qui est aussi un chasseur d’exception. A ne pas oublier si vos voisins (dans un périmètre de 10 à 20 km) possèdent des poules, chats, moutons et chevaux ! ! ! !

 

SON CARACTERE
 
Les spécificités du Saarloos qui en font ses atouts et ses difficultés, outre sa morphologie, relèvent du caractère qui nécessite de posséder quelques notions sur le loup pour « être et savoir être » le compagnon du Chien loup Européen.

Comme le loup, le Saarloos développe un instinct marqué de la meute, donc de la famille humaine qui l’accompagne. Cet élément est primordial dans la compréhension de son caractère. Fort attaché à ses maîtres, il ne peut pas comprendre la « solitude », signifiant une mort annoncée au sein du monde naturel. Il convient donc d’être très disponible pour votre Saarloos. A défaut, le stress de la séparation engendrera des destructions au sein de votre foyer et votre relation sera entaché d’une méfiance réciproque dont l’origine vous sera imputable.
Sa nécessité d’un contact étroit avec son maître ne l’empêche pas d’être têtu (voire effronté) et indépendant. Le maître devra donc être encore plus têtu pour obtenir un acte (ou plutôt un non-acte). Le Saarloos est doté d’une intelligence supérieure avec une vivacité d’observation très marqué. Il apprend donc rapidement mais uniquement par des méthodes sans contrainte. Il faut notamment se souvenir que le Saarloos calque son attitude sur son maître.
Le Saarloos, là encore comme le loup, possède un instinct de méfiance qui se déclenche par la fuite lors de situations inconnues. Un Saarloos aura toujours une phase d’observation préalable avant toute rencontre ou toute décision. Cet instinct est inhérente à la race. Par contre, le Chien Loup Européen est curieux de nature. Cette curiosité vous permettra, après un temps d’observation, de voir revenir votre Saarloos vers vous puis éventuellement vers la cause de la fuite, vos amis par exemple.
Le Saarloos est donc un chien de fort caractère qu’il convient de respecter dans son physique et dans son caractère pour «être et savoir être ». Attachant, affectueux, sincère et droit, le Saarloos ne transige pas et se montre avec l’humain comme il est. Pas plus. Pas moins.

 

UTILITE

 

« Fortement marqué par l’empreinte du loup, le Saarloos est un chien au caractère sauvage, difficile à éduquer et quasiment impossible à dresser »

Si quelques Saarloos ont pu être soumis à un travail (guide, sauvetage), ils ne sont restés qu’une exception dans l’histoire du Saarloos et les essais n’ont jamais été concluants.
Disons le tout net, le Saarloos n’est d’aucune utilité. Il peut éventuellement vous prévenir de la présence de quelques étrangers par un aboiement rauque mais si l’étranger persiste, le Saarloos ira observer la scène de loin=. Il ne peut donc servir ni de chien de garde ni de défense.

Certains peuvent accomplir quelques parcours d’agility, un peu de cross canin ou de VTT mais sans prétention de compétition,ni d’ambition personnelle.

Le Saarloos est un chien de compagnie. La aussi, pas plus, pas moins.

 
LA SOCIABILISATION
 
La socialisation est l’étape indispensable par lequel le maître du Saarloos doit passer avant d’obtenir un chien plus ou moins apte à rendre visite au monde des humains sans se servir de sa laisse comme moyen de trait pour celui qui est à l’autre bout. La socialisation permet également d’avoir un Chien Loup bien dans sa tête et donc équilibré. N’oublions pas que le monde des chiens et celui des hommes comportent des similitudes mais surtout des différences.
D’abord le Saarloos est un chien qui mûrit lentement et reste donc un chiot longtemps en dépit de sa croissance physique. Il convient donc de veiller à ne pas trop demander au jeune Saarlooset la patience sera la qualité première du maître. Des efforts trop intenses, des jeux trop fréquents demandent des qualités physiques que le Saarloos ne possède pas complètement avant l’âge d’un an.

Il y a donc des risques important en terme de santé physique et aussi psychique.
En effet, il faut bien comprendre que le chiot Saarloos fera tout pour rester avec vous (au sein de la meute, gage de survie dans le monde sauvage) et en conséquence, même épuisé, il luttera avec toute ses forces pour être au sein du foyer, avec le maître ou avec ses congénères. Cette lutte, qui souvent passe inaperçue par le maître peut avoir des effets irréversibles sur le chiot et le jeune chien. Il est donc déconseillé de parcourir des efforts important (notamment des sauts et des sprints) avec un Saarloos de moins d’un an. De petites courses de fond (faible allure, petit kilométrage) en progression seront idéal pour le Saarloos jeune.
Concernant le comportement, le principe de base est d’éviter toute situation non contrôlée et de protéger le chiot des agressions extérieures en lui permettant les découvertes progressives. C’est le rôle du mâle alpha au sein d’une meute de loup et c’est donc celui du « maître alpha » de la famille. L’apprentissage doit être lent, régulier, sans surprise et progressif. Il est inutile de confronter le Saarloos à toutes les situations urbaines et humaines en moins d’une semaine. Chaque chose en son temps. Il y a le temps de la voiture, le temps de la ville, le temps de la foule, le temps des expositions…mais n’attendez pas l’obéissance d’un berger ou d’un bouvier. Le Saarloos n’obéit pas mais accepte des règles de vie en famille…et de respect au maître, personnage le plus digne de confiance au sein de la meute humaine…

 

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