Oldiblog

Fermer
  Créer son blog KaZeo     Rap et RnB     Communauté Ados     Créer un blog gratuit Vendredi 27 novembre 2009   St Séverin  
planete loup
 

puce Sommaire des articles de cette rubrique

   

puce Le retour du loup en France (le 07/11/2007 à 12h19)

LE RETOUR DU LOUP EN FRANCE

Pendant des siècles, et surtout à partir du XIXème siècle, le loup a été intensément chassé. Alors qu'au XVIIIème siècle il occupait 90% du territoire, au XIXème son aire de répartition a déjà diminué de moitié. Et encore, les populations survivantes n'étaient plus assez importantes pour assurer la pérennité de l'espèce... Le loup finit par disparaître de notre pays officiellement aux alentours de 1939, bien que des animaux soient encore aperçus sporadiquement.

Première observation

Le 4 novembre 1992, deux loups sont aperçus pour la première fois en Vésubie par quatre gardes du Parc National du Mercantour et de l'Office National des Forêts lors d'un comptage de chamois et de mouflons. Pendant une demi-heure, ils observent "deux drôles de chiens" aux jumelles et à la longue-vue. Cette date est la date "officielle" de leur retour en France, mais des indices de sa présence avaient été relevés dès 1991. D'autre part, l'opération de comptage des ongulés (chamois et mouflons) n'a lieu que tous les trois ans, ce qui peut laisser penser que les loups étaient déjà présents dans le Mercantour avant cette date. La mortalité anormale chez les mouflons et surtout le petit nombre de jeunes dans les hardes du secteur de Mollières au printemps 1991 révélait clairement l'existence d'une prédation localisée. Mais à l'époque, on pensa à des chiens errants, coutumiers de tels dégâts.
Selon les biologiste, il est donc probable que les loups aient été présents dans le Mercantour depuis l'été ou l'automne 1990, car ces animaux ne peuvent franchir de grandes distances en montagne en plein hiver.

La raison : une expansion naturelle

La question de savoir comment les loups sont arrivés en France est source de débats houleux : retour naturel (recolonisation) ou retour dû à l'homme (réintroduction), telle est la question. Il faut dire qu'au niveau juridique (possibilité de l'éliminer lorsqu'il s'avère une gêne importante notamment), le statut du loup n'est pas le même selon qu'il serait revenu de façon naturelle ou qu'il aurait été réintroduit. On comprend mieux que les opposants au retour du loup aient tout intérêt à faire passer le retour du loup pour une réintroduction...

En fait, plusieurs études ont montré que les loups sont arrivés naturellement d'Italie. Ces études ne sont plus contestées à l'heure actuelle que par une minorité acharnée à refuser l'évidence.

Sur quoi s'appuient ces études ? Essentiellement sur une analyse génétique. Les docteurs Taboulet, Gielly, et le professeur Bouvet, du laboratoire de Biologie des Populations d'Altitude de l'université Joseph Fourrier à Grenoble, ont recueilli des échantillons de poils et de tissus provenant de loups et de chiens d'origines diverses : quatre loups du Mercantour, des loups captifs en France, le loup d'Aspres-les-Corps (Isère), le loup des Vosges (tué en 1994), neuf loups italiens, des individus polonais et roumains, des chiens huskies et des samoyèdes. A partir de cet échantillonage complet, ils ont pu comparer les marqueurs génétiques de ces différents animaux. L'étude a notamment porté sur l'analyse de l'ADN mitochondrial, transmis d'une génération à l'autre par voie maternelle. Cette molécule est un marqueur génétique fiable car elle ne subit pas de réarrangement lors de la reproduction : il est alors possible de suivre les lignées maternelles de génération en génération. Au cours de l'étude, les scientifiques ont comparé 340 paires de bases d'ADN mitochondrial (haplotypes) avec les séquences de référence des loups italiens.

Qu'ont-ils obtenu ? Il s'avère que les haplotypes des loups originaires des balkans, de la péninsule ibérique, des loups captifs et des chiens présentent des distances génétiques (autrement dit des différences) par rapport à la séquence de référence des loups italiens. Ceux du loup d'Isère, des Vosges et des loups du Mercantour n'en présentent pas. Il est possible d'en déduire avec une quasi certitude que les loups du Mercantour proviennent bien de la population lupine italienne. Cette position est celle retenue par le gouvernement. Comme le loup retrouvé en Isère et celui abattu dans les Vosges sont eux aussi de la même origine, il est probable que les loups italiens soient en train de coloniser l'arc alpin.


Aujourd'hui, il y a environ 500 loups en Italie. Les études réalisées dans ce pays montrent que les loups ont progressivement recolonisé le Nord de l'Italie à partir de noyaux où ils avaient réussi à subsister dans les apennins. Il était donc normal que cette expansion l'amène à franchir la frontière et à s'installer chez nous...

Rappelons que lorsqu'il est en phase de dispersion, un loup peut parcourir plus de 100 km en quelques jours. La progression des loups en phase d'expansion est rapide mais elle n'est pas toujours continue.

D'autre part, les loups ont bénéficié d'un terrain favorable à leurs déplacements : la chaîne des Apennins et les Alpes Ligures présentent un important couvert forestier. Les voies de communication traversant le massif montagneux près de Gênes sont composées d'une série de tunnels et de viaducs, et ne constituent donc pas un obstacle pour les animaux. Enfin, les provinces d'Impéria et de Savona, voisines du parc du Mercantour, sont montagneuses, forestières, à faible densité humaine et abritent de nombreux ongulés sauvages. Ces conditions sont particulièrement propices à l'installation durable des loups.
Le parc du Mercantour, quant à lui, s'est désertifié pendant l'exode rural : les cultures ont été en partie abandonnées, ce qui a permis au couvert forestier de gagner du terrain. Cette diminution de la pression humaine a favorisé l'accroissement des populations d'ongulés sauvages : le nombre de bouquetins est passé de 30 individus en 1963 à plus de 300 en 1995. D'autres espèces ont été réintroduites, comme le mouflon de Corse (voir image ci-dessous). De ce fait, le Parc National du Mercantour réunissait tous les critères lui permettant d'être un milieu favorable à l'implantation des loups.


Les scientifiques ont observé que si une espèce est protégée d'un côté d'une frontière (ce qui est le cas pour le loup en Italie), celle-ci est tôt ou tard franchie par des représentants de cette espèce. Le retour du loup dans le Mercantour est donc le résultat d'une recolonisation progressive de l'Italie, associée à des terrains favorables à leur installation en France. Il est probable que le loup va continuer son expansion de ce côté-ci de la frontière. Il est attendu en Suisse, et plus au Nord dans les Alpes. La réintroduction dans le parc de la Vanoise d'ongulés (cerfs et chevreuils) va créer un climat très favorable à une implantation du loup sur ces territoires. Et une fois qu'il sera bien installé, il est possible qu'il continue à s'implanter dans des régions plus densément peuplées, car le loup est capable de s'adapter à tous les types d'habitats. D'ailleurs, le professeur de biologie animale à Rome Luigi BOITANI ne dit-il pas de lui que "la caractéristique la plus intéressante de la biologie du loup réside sans doute dans sa flexibilité écologique, qui lui permet d'adapter son comportement aux situations les plus diverses". Il est probable que les loups situés en Espagne franchiront un jour ou l'autre la frontière pour se retrouver dans les Pyrénées françaises, tout comme les loups italiens ont franchi la frontière italienne. Il serait d'ailleurs souhaitable de préparer les populations locales à cette éventualité, afin d'éviter de se retrouver dans la même situation de blocage que celle observée lors du retour du loup dans les Alpes.

Aujourd'hui, d'autres loups circulent en Savoie, en Maurienne et dans l'Isère, dans les Alpes Suisses et Autrichiennes. Et tous auraient la même origine : l'Italie... Certains loups italiens auraient même réussi à atteindre les Pyrénées !

Le suivi des meutes sur le terrain

Le recensement de la population de loups est assez délicat, car l'observation directe est difficile à cause de la discrétion de l'espèce. Il s'agit donc davantage d'une estimation que d'un comptage précis des individus. L'effectif de la population varie d'ailleurs selon plusieurs paramètres : saison, arrivée à maturité sexuelle des jeunes, intervention de l'homme,...

Le régime alimentaire des loups du Mercantour est déterminé par l'analyse des restes non digérés (poils essentiellement) contenus dans les excréments prélevés. Il s'avère que le loup se nourrit de grands herbivores sauvages : mouflons et chamois, mais aussi chevreuils, cerfs et sangliers. Un loup adulte a besoin de 3 kg de viande par jour. Cependant, le loup est un chasseur opportuniste qui se nourrit aussi d'animaux plus petits (rongeurs, oiseaux, poissons, insectes,...) mais aussi de fruits (il adore les myrtilles et les mûres).

Le parc du Mercantour héberge une faune riche : environ 6500 chamois, 1300 mouflons et 300 bouquetins. Le mouflon de Corse a été introduit au début des années 50.


Cette espèce, ancêtre du mouton domestique, est la proie préférée du loup, car elle n'est pas réellement adaptée au milieu alpin. Elle a notamment du mal à se déplacer dans la neige épaisse. Mais dans l'ensemble, les herbivores sauvages se sont habitués à la présence des prédateurs et retrouvent leurs réflexes de survie : les hordes se dispersent, les concentrations d'ongulés sont moins localisées. Rappelons que les ongulés sont les mammifères dont les doigts sont terminés par des sabots.

Une étude réalisée de mars 1995 à février 1996 sur les territoires des meutes "Vésubie-Tinée" et "Vésubie-Roya" par Marie-Lazarine POULLE, biologiste au service du Parc National du Mercantour et grande spécialiste du loup, montre que les deux meutes ont un régime alimentaire semblable : entre 70 et 80% d'ongulés (sauvages et domestiques), entre 10 et 15% de mammifères de taille moyenne (marmottes, lièvres,...), le reste étant constitué par les micrommamifères (rongeurs et insectivores) et les fruits. Ces proportions varient peu avec la saison, les ongulés représentant toujours l'essentiel de leur nourriture.

Les loups prélèvent environ 2 % (probablement moins) de la population d'ongulés sauvages. Les attaques sur les animaux sauvages ne font le plus souvent qu'une seule victime. Les loups du Mercantour ne peuvent donc pas menacer leurs proies sauvages de disparition comme le prétendent les chasseurs. Les loups étaient présents sur Terre bien avant l'homme, et ils n'ont jamais entraîné la disparition d'une quelconque espèce animale. Peut-on en dire autant de l'homme ? Par ailleurs, T. HOUERD, chargé de l'étude des relations loups / ongulés précise que "toutes les espèces, excepté le mouflon dont l'effectif est stable, sont en augmentation dans le parc, et il n'y a vraiment aucun facteur limitant. Et ce n'est surtout pas le loup qui va entraîner une chute des effectifs d'ongulés sauvages, bien au contraire. Ce serait d'ailleurs la première fois qu'un prédateur entraînerait une baisse du nombre de ses proies. En outre, nous envisageons actuellement des réintroductions d'ongulés sauvages."

Pas de quoi s'inquiéter, donc, quant à l'avenir de la faune sauvage du parc. Les loups auraient même plutôt un impact positif sur cette faune. Il témoigne d'ailleurs d'un milieu naturel de bonne qualité. Son retour peut-être considéré comme une sorte d'hommage qui vient couronner les efforts du Parc National du Mercantour en matière de protection des espèces sauvages et du milieu naturel.

Sur le pastoralisme

Environ 85000 moutons patûrent l'été dans les Alpes Maritimes, et 20000 sur le territoire des loups. Ils sont des proies faciles : ce sont des animaux grégaires qui se déplacent lentement, et surtout ils ne sont pas habitués à la présence d'un prédateur, ce qui explique qu'ils se laissent facilement approcher. En présence des loups, le troupeau peut paniquer, ce qui ne fait qu'exciter les prédateurs. Ceux-ci se retrouvent souvent pris dans un piège comportemental : les moutons qui s'agitent leur semblent autant d'animaux blessés, et ils tuent alors plus de bêtes que ce qu'ils peuvent consommer. D'autre part, il arrive que dans leurs tentatives de fuites, certains moutons se blessent ou tombent dans des ravins. Les pertes par mortalité indirecte sont non négligeables par rapport à la mortalité directe (les animaux qui succombent sous la dent des loups).

Pour chaque attaque, un garde assermenté (garde du parc, gendarmerie, garde chasse,...) établit le constat des dommages et remplit un questionnaire détaillé sur lequel le vétérinaire se base pour savoir si l'attaque est bien le fait de loups ou non. C'est cet avis qui permettra ou non à l'éleveur de toucher les primes d'indemnisations.

En 2007

Actuellement, les loups sont présents principalement dans les départements de l'Isère, Savoie, Haute-Savoie, Drôme, Alpes-de-Haute-Provence, Hautes-Alpes, Alpes-Maritimes et l'Ain.
Des cadavres de loups, des animaux domestiques prédatés, ainsi que des indices de présence (matières fécales et urines), récupérés sur le terrain ont révélés
un axe de colonisation allant du Massif Central jusqu'en Espagne.
Les départements du Cantal, Aveyron, Haute-Loire, Lozère et Pyrénées-Orientales sont concernés par ces loups en dispersion.

 

[ Ajouter un commentaire | 2 commentaire(s) | Imprimer | Cette photo sur mobile | Permalien ]

 

puceMises à jour

 - De nouveaux indices de présence du loup su... News 05/11/2009
 - Le chien loup de Saarloos Articles 07/10/2008
 - Les loups du Gévaudan (décembre 2008) Photos 09/12/2008
 - DOONERAK'S RUNNERS Liens 23/08/2009
 - Un loup dans le Tarn Vidéos 14/04/2008